Le 12 février 2026, le Sénat français a accueilli la conférence de presse « Sécurité des patients et innovation responsable en santé : le CO₂ en angiographie, préserver la fonction rénale », promue par le Sénateur Alain Milon avec la contribution de plusieurs associations scientifiques et de santé : Handicap République et Société (HRS), la Société de Chirurgie Vasculaire et Endovasculaire (SCVE) et la Fédération Nationale des Médecins Radiologues (FNMR). Dans le cadre de notre mission #SaveTheKidneys, ce fut un grand honneur pour nous de participer à cet événement important par notre présence inconditionnelle.
L’angiographie au CO₂ est de plus en plus reconnue comme une alternative précieuse aux produits de contraste iodés, en particulier chez les patients à risque de néphropathie induite par les produits de contraste. Ce sujet était au cœur d’une conférence de haut niveau organisée le 12 février 2026 au Sénat français, consacrée à la sécurité des patients et à l’innovation en santé.
Réunissant des professionnels de santé, des experts cliniques et des acteurs institutionnels, l’événement a mis en lumière le rôle croissant de l’injection de CO₂ en angiographie dans une approche plus durable et centrée sur le patient en radiologie interventionnelle et en chirurgie vasculaire. CO₂ angiography is increasingly recognized as a valuable alternative to iodinated contrast media, particularly for patients at risk of contrast-induced nephropathy. This topic was at the center of a high-level conference held on February 12, 2026, at the French Senate, dedicated to patient safety and healthcare innovation.
Bringing together healthcare professionals, clinical experts, and institutional stakeholders, the event highlighted the growing role of CO₂ injection in angiography as part of a more sustainable and patient-centered approach to interventional radiology and vascular surgery.
Les patients présentant une réserve néphronique réduite, une hypovolémie ou des comorbidités multiples sont particulièrement exposés au risque d’atteinte rénale. Dans ce contexte, l’angiographie au CO₂ représente une solution cliniquement pertinente pour réduire l’exposition aux produits de contraste iodés.
La durabilité environnementale a également été abordée lors des discussions. Les ressources mondiales en iode sont limitées et principalement concentrées au Chili et au Japon, rendant les chaînes d’approvisionnement vulnérables. Bien que des initiatives de recyclage existent, leur impact reste limité, ce qui renforce la nécessité de stratégies alternatives en matière de produits de contraste.
Les produits de contraste iodés demeurent la référence en angiographie, mais leur utilisation est associée à des risques tels que les réactions d’hypersensibilité et la néphrotoxicité, en particulier chez les patients présentant une insuffisance rénale préexistante. La question clé aujourd’hui est de savoir comment intégrer ces innovations dans la pratique clinique courante tout en garantissant la sécurité des patients et un financement durable des systèmes de santé.
Dr. Sophie Aufort, Radiologue interventionnelle, Groupe Imaneo, Montpellier
Dans notre pratique quotidienne, nous faisons face au paradoxe de soigner les patients tout en leur causant, en même temps, une certaine forme de dommage.
Dr. Laurence Destrieux, Secrétaire Générale de la SCVE, Chirurgien Vasculaire, Chirurgie Vasculaire du Lac, Annecy
L’adoption des injecteurs automatiques de CO₂ a contribué de manière significative au développement clinique de l’angiographie au CO₂. Actuellement, 26 hôpitaux en France sont équipés de systèmes d’injection automatisée de CO₂, et 14 centres supplémentaires devraient prochainement en être dotés.
L’injecteur automatique de CO₂ développé par Angiodroid a déjà été utilisé dans plus de 259 000 procédures interventionnelles à travers le monde, soutenant à la fois des applications diagnostiques et thérapeutiques.
L’angiographie au CO₂ a toujours suscité un intérêt naturel, car elle a toujours présenté de nombreuses promesses.
Dr. Éric Chevallier, Vice-Président de la FNMR, Radiologue interventionnel, Hôpital Privé Océane, Vannes
Par le passé, le CO₂ était injecté manuellement, sans contrôle précis de la pression. Cela pouvait entraîner des douleurs et des effets ischémiques. L’injection automatisée de CO₂ permet désormais un contrôle précis du volume et de la pression, garantissant une imagerie vasculaire sûre et indolore.
Dr. Gilles Goyault, Radiologue interventionnel, Clinique Rhéna, Strasbourg
L’angiographie au CO₂ introduit une approche d’imagerie différente par rapport aux produits de contraste iodés, nécessitant une adaptation des équipes cliniques. Ce nouveau paradigme d’imagerie implique une courbe d’apprentissage, mais les experts s’accordent à dire que les bénéfices cliniques dépassent les défis initiaux. Une collaboration continue entre cliniciens et fabricants de technologies d’imagerie est essentielle pour optimiser davantage la qualité d’image et l’intégration dans les flux de travail.
Avec les produits de contraste iodés, nous visualisons les vaisseaux grâce à l’absorption des rayons X. Avec le CO₂, nous travaillons avec un gaz qui laisse passer les rayons X. Le CO₂ se diffuse rapidement, même dans des vaisseaux sévèrement sténosés, offrant des perspectives diagnostiques uniques. Il faut en quelque sorte porter de “nouvelles lunettes” pour l’utiliser.
Dr. Stéphan Haulon, Chirurgien vasculaire, Hôpital Paris Saint-Joseph, Paris
Si les produits de contraste iodés restent nécessaires dans certaines interventions complexes, l’angiographie au CO₂ est de plus en plus reconnue comme un levier stratégique permettant de réduire significativement l’utilisation des produits de contraste.
Les progrès futurs en intelligence artificielle et en traitement d’image devraient encore renforcer l’angiographie au CO₂, en soutenant une adoption plus large et en élargissant les indications cliniques.
Alors que les systèmes de santé à travers le monde mettent l’accent sur la protection rénale, la sécurité des patients et l’innovation durable, l’angiographie au CO₂ s’impose comme un composant clé de l’imagerie interventionnelle moderne.
Aujourd’hui, il reste difficile de réaliser une angioplastie complète sans aucun produit de contraste iodé. Cependant, l’angiographie au CO₂ doit être considérée comme un levier majeur de réduction des produits de contraste, améliorant la sécurité des patients sans compromettre les résultats des procédures.
Dr. Gilles Goyault, Radiologue interventionnel, Clinique Rhéna, Strasbourg